« "Les RĂ©publicains" France»

« "Les Républicains" France»
2011 CrĂ©ation. From Paris, France. Par Morgane BRAVO *Avocat de formation, Ă©tudes & expĂ©rience Diplomatique, Sciences Politiques... Candidate LĂ©gislatives 2002, XVIe sud (14Ăšme circonscription) Paris (75). « EDGERYDER » Conseil de l’Europe & Commission EuropĂ©enne. « EUROBLOGGER »...*2016 Candidate "PremiĂšres Ă©lections des RĂ©publicains" au ComitĂ© de Circonscription et ConseillĂšre Nationale. 4Ăšme Circonscription 92. Suresnes - Nanterre. *Depuis 2004-Ă  ce jour! AdhĂ©rente "UMP", puis Premier Membre Fondateur "Les RĂ©publicains".

jeudi 22 décembre 2011

*Gerhard Schröder : « Les rĂ©formes de Sarkozy vont dans la bonne direction »...*


L'ancien chancelier social-démocrate allemand, auteur des réformes qui ont redonné sa compétitivité à son pays, a été reçu mardi soir par Nicolas Sarkozy. Il explique au Figaro sa vision de la crise de l'euro.

LE FIGARO. - Vous avez engagĂ© des rĂ©formes en Allemagne qui sont souvent citĂ©es en exemple. Compte tenu de votre expĂ©rience, que pensez-vous du processus de rĂ©forme engagĂ© en France ? 

Gerhard SCHRÖDER. -Je ne conçois pas nos rĂ©formes comme un modĂšle, mais comme une nĂ©cessitĂ© dont d'autres pays europĂ©ens vont devoir tenir compte. Les rĂ©formes nĂ©cessaires en France et en Allemagne ne sont pas toutes les mĂȘmes. En 2003, nous avons lancĂ© l'Agenda 2010 car l'Allemagne Ă©tait une sociĂ©tĂ© vieillissante avec un taux de natalitĂ© faible. Il fallait aussi augmenter notre compĂ©titivitĂ© face Ă  la mondialisation. La France n'a pas de problĂšme de natalitĂ©, mais a les mĂȘmes difficultĂ©s en matiĂšre de compĂ©titivitĂ©. Les rĂ©formes entreprises par Nicolas Sarkozy vont dans la bonne direction, en particulier en ce qui concerne les retraites. MĂȘme si je ne suis pas certain que la limite de 62 ans soit suffisante. En revanche, il faut peut-ĂȘtre que la France amĂ©liore la structure du marchĂ© du travail pour obtenir la compĂ©titivitĂ© nĂ©cessaire.

Vous avez lancé votre cycle de réformes en 2003, et vous avez été battu en 2005. Considérez-vous que Nicolas Sarkozy court le risque de perdre les élections en France ?

Il y a dans les dĂ©mocraties dĂ©veloppĂ©es un problĂšme de fond. Les rĂ©formes sont difficiles, et leurs effets bĂ©nĂ©fiques n'interviennent que des annĂ©es plus tard. Cela crĂ©e un dĂ©calage entre la dĂ©cision et son rĂ©sultat. Et dans cet intervalle, la dĂ©mocratie peut vous sanctionner. Je sais de quoi je parle, car j'en ai fait l'expĂ©rience. Bien des choses qui ont rendu l'Allemagne forte et dont profite Angela Merkel sont liĂ©es Ă  l'Agenda 2010. Je n'ai pas de conseils Ă  donner aux candidats français. Nous avons dĂ©cidĂ© que les rĂ©formes Ă©taient indispensables, au risque de perdre les Ă©lections. À l'Ă©poque, nous avions eu du mal Ă  convaincre. Il faut une meilleure stratĂ©gie de communication. Il faut que le coeur de la campagne porte sur l'explication des rĂ©formes.

Daniel Cohn-Bendit a dit qu'il serait plus efficace de conduire les réformes avec un gouvernement d'union nationale. Cela vous paraßt-il utile ?

Il faut toujours s'attendre Ă  des surprises avec Daniel Cohn-Bendit. Plus il vieillit, plus c'est un homme d'État ! Je ne pense pas qu'on ait besoin d'un gouvernement d'union nationale pour imposer des rĂ©formes. On a juste besoin de volontĂ© et d'une majoritĂ© au Parlement. Nous avons prouvĂ© qu'il Ă©tait possible de le faire avec un gouvernement rouge-vert.

Avez-vous vu François Hollande à l'occasion de votre séjour parisien ?

Non et je n'ai pas prĂ©vu de le faire. En tant que premier secrĂ©taire du Parti socialiste, François Hollande a travaillĂ© trĂšs Ă©troitement avec Oskar Lafontaine (rival de Gerhard Schröder au SPD, qu'il quittera en 2005 pour fonder Die Linke, un parti « antilibĂ©ral », NDLR). Pas avec moi. C'est pourquoi il n'existe pas de relation entre nous.

François Hollande devrait-il défendre, en tant que candidat à la présidentielle, le principe de la rÚgle d'or ?

La rĂšgle d'or, que nous appelons, en Allemagne, « frein sur la dette », est un principe raisonnable. Mais il doit offrir assez de souplesse pour rĂ©agir Ă  des situations comme celle provoquĂ©e par la faillite de Lehman Brothers ou la crise de l'euro aujourd'hui.

Ne craignez-vous pas qu'on plonge l'Europe dans une récession avec toutes ces mesures d'austérité ?

Je le redoute. Il faut un équilibre entre les mesures d'austérité, qui différeront par pays en fonction de leur dette, et une politique de croissance. Je pense que les fonds européens, les fonds de cohésion, doivent servir à stimuler la croissance. La taxe sur les transactions financiÚres, pour laquelle la France s'est particuliÚrement mobilisée, doit devenir une taxe européenne destinée à financer la croissance.

L'Allemagne devrait-elle participer Ă  cet effort de relance ?

L'austérité seule ne nous sortira pas de la crise, le financement de la croissance doit s'y ajouter. Les pays qui ont encore de la marge de manoeuvre devront en faire davantage. Pour l'Allemagne, cela signifie qu'il faut soutenir la demande intérieure, notamment avec des salaires plus élevés que par le passé.

Au dernier sommet de Bruxelles, on a constaté un nouvel équilibre européen. Approuvez-vous l'idée d'une Europe du premier cercle, bùtie autour d'une plus forte intégration des pays de la zone euro ?

C'est dans la logique mĂȘme de l'union monĂ©taire. L'erreur fut de ne pas l'avoir fait depuis longtemps ! Quand vous avez une monnaie commune, la coordination doit dĂ©passer la politique monĂ©taire. Il faut aussi coordonner la politique Ă©conomique et financiĂšre, voire la politique sociale. Nous n'avons, en mon temps, pas pu faire cela, car nous avons trop veillĂ© Ă  ce que des pays comme la Grande-Bretagne, dont le but n'a jamais Ă©tĂ© de rejoindre l'euro, puissent participer aux conversations sur le sort de la zone euro. En ce sens, le « non » trĂšs net du prĂ©sident Sarkozy, auquel s'est jointe ensuite Angela Merkel, opposĂ© aux exigences britanniques de faire des exceptions pour la City est une vraie avancĂ©e. Cela a clarifiĂ© la situation. Mais il est dĂ©cisif de trouver des formes de collaboration entre les pays extĂ©rieurs Ă  la zone euro et la zone euro.

Y a-t-il des précautions à prendre pour que le futur traité ne soit pas saboté par Londres ?

Il faut que les dix-sept pays de la zone euro transposent rapidement les décisions qui ont été prises, sans se laisser déranger par les Britanniques. On ne doit pas tolérer qu'ils retardent le processus de transposition.

Comment jugez-vous le fonctionnement du couple franco-allemand depuis la crise grecque ?

Les dĂ©cisions qui viennent d'ĂȘtre prises auraient dĂ» l'ĂȘtre il y a dix mois. Mais, Ă  l'Ă©poque, l'Allemagne n'Ă©tait pas prĂȘte. C'est une vieille habitude d'entendre les autres pays membres de l'Union se plaindre d'un  diktat franco-allemand. Quand les Français et les Allemands renoncent Ă  s'entendre en amont d'un sommet, les autres États membres demandent : « Pourquoi ne vous ĂȘtes-vous pas mis d'accord ? Cela aurait fait avancer l'Europe ! »

Certains socialistes français ont parlĂ© d'une « capitulation » de Paris devant Berlin...

Ces affirmations sont fausses. Elles sont dues au contexte Ă©lectoral. La France n'a pas de raison de penser qu'elle a Ă©tĂ© lĂ©sĂ©e. L'Allemagne a par exemple acceptĂ©, Ă  Bruxelles, le principe d'une gouvernance Ă©conomique. C'est une vieille demande française, qui a Ă©tĂ© longtemps combattue par les partis qui forment aujourd'hui le gouvernement allemand. Je ne dirai donc pas que le point de vue allemand se soit  imposĂ©. Les deux cĂŽtĂ©s ont appris de part et d'autre, et ce n'est pas si mal.

Au début de la crise, l'Allemagne a semblé tentée de jouer sa carte seule dans la mondialisation. Depuis l'été, le ton a changé. L'Allemagne vous paraßt-elle décidée à jouer la carte de l'Europe ?

Oui, je pense. Je regrette que le gouvernement allemand ait, au début de la crise, cru bon de se joindre à une campagne populiste à l'égard de la GrÚce. Entre-temps, le gouvernement a compris que l'avenir de l'Allemagne est en Europe. C'est pourquoi l'Allemagne est en premiÚre ligne pour défendre l'intégration de l'euro. Dieu merci, il n'est pas trop tard, mais j'aurais souhaité que cette prise de conscience arrive plus tÎt.

Êtes-vous sĂ»r que la zone euro ne va pas Ă©clater ?

Personne ne peut en ĂȘtre sĂ»r. Un Ă©clatement de la zone euro reprĂ©senterait une catastrophe pour les gens et pour leur travail. On doit, sans oeillĂšres ni prĂ©jugĂ©s, employer tous les instruments qui existent pour stabiliser la zone euro.

Y compris en encourageant la Banque centrale européenne à intervenir plus fortement encore sur le marché de la dette ?

Cette question ne doit pas ĂȘtre une question thĂ©orique de politique de rĂ©gulation. Elle doit ĂȘtre abordĂ©e sous l'angle de la nĂ©cessitĂ© d'une intervention de la BCE. S'il n'y a pas d'autre possibilitĂ© de stabiliser l'euro, alors il relĂšve de la responsabilitĂ© de la BCE de faire quelque chose. Et les responsables politiques devraient soutenir cela.

Dans la panoplie des instruments, il y a les eurobonds. Y ĂȘtes-vous favorable ?

Sous certaines conditions, certainement. Bien sĂ»r, on ne peut le faire que si on s'est mis d'accord, au prĂ©alable, sur des points essentiels de la politique de stabilitĂ©. Je suis favorable au financement par des eurobonds jusqu'Ă  un certain taux, ensuite il reviendrait aux États de porter le risque seuls s'ils continuent de s'endetter. On peut aussi envisager de transformer le FESF en banque, comme le demande la France, afin qu'il puisse ĂȘtre refinancĂ© par la BCE. Actuellement, les conditions ne sont pas encore rĂ©unies en Allemagne, mais j'espĂšre qu'elles vont l'ĂȘtre. Et je suis assez sĂ»r que le gouvernement allemand va revoir sa position... si les conditions sont bonnes. Je n'ai pas de relations avec François Hollande. Quand il Ă©tait premier secrĂ©taire du PS, il travaillait avec Oskar Lafontaine...

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